Actualité - Culture et création selon Royal et Sarkozy
Par Nicolas, lundi 30 avril 2007 à 14:22 :: Actualité_artistique :: #85 :: rss
A quelques jours du second tour des élections présidentielles, que prévoient nos deux candidats pour la culture et la création?
Sans prendre parti et de manière exhaustive, nous avons recensé tout ce que nous avons trouvé chez S.Royal et N.Sarkozy dans les domaines qui nous intéressent particulièrement, la culture et la création. En effet, Ni l'un ni l'autre n'ont été très loquaces sur ces points, or ils en font chacun mentions dans leurs programmes.

Ségolène Royal
VII La culture émancipatrice
A La culture
Comme l'éducation et la santé, la culture joue un rôle central dans notre société. Elle est un outil privilégié d'émancipation et de rassemblement.
- Nous veillerons à ce que le financement de la création soit préservé et adapté au numérique et à l'internet. Les auteurs et les créateurs doivent être rémunérés pour leur travail. De nouvelles sources de financement seront recherchées en mettant à contribution les principaux bénéficiaires de la création (Fournisseurs d'accès internet, opérateurs de téléphonie, fabricants de logiciels et de matériels).
- Nous veillerons au renforcement des moyens budgétaires afin qu'ils retrouvent les plus hauts niveaux connus sous la gauche depuis 1981.
- Nous favoriserons et développerons l'emploi culturel, car c'est en investissant dans l'immatériel, l'innovation et la création que nous créerons les emplois de demain dans un secteur où se dérouleront les grandes batailles politiques et économiques à venir.
- Nous consoliderons le régime des intermittents du spectacle au sein du régime générale d'assurance-chômage et établirons une loi de programme sur le spectacle vivant.
- Nous favoriserons l'accès de tous à la culture, notamment par les réseaux numériques, par une présence de médiathèques sur l'ensemble du territoire, en priorité dans les zones les moins favorisées. Nous relancerons l'éducation artistique à l'école, du primaire à l'université.
- Nous renforcerons les mouvements d'éducation populaire.
- La multiplication des chaînes de télévision, l'émergence d'une société de l'image ont un impact grandissant sur les citoyens, particulièrement les plus jeunes. Il faut donc construire une véritable éducation à l'image, dispensée dans le cadre scolaire, permettant de construire un esprit critique face à l'image.
- Nous assurerons un soutien financier aux projets culturels émergents dans les environnements urbains les moins favorisés (microcrédits) ainsi qu'aux lieux de proximité. La capacité d'accueillir des cultures qui reflètent la diversité des origines au sein de la société française, est un enjeu majeur de cohésion sociale.
- Nous reconnaîtrons les identités culturelles régionales, comme prévu par la Charte du Conseil de l'Europe sur les langues régionales. Nous proposerons une politique culturelle européenne qui puisse bénéficier, sur cinq ans, d'un pourcentage significatif du budget de l'Union Européenne.
- Nous relancerons la politique culturelle scientifique et technique de la France, au niveau international.
B Les médias
La situation actuelle est paradoxale, d'un côté, la diversité s'accroît et Internet favorise même l'individualisation de la communication, de l'autre côté, la concentration augmente et la confusion des intérêts économiques et politiques ne se dément pas.
- Nous favoriserons un audiovisuel public fort pour une télévision de qualité où le pluralisme de l'information sera restauré. Ce qui suppose une redéfinition du cahier des charges et des contrats d'objectifs et de moyens des chaînes publiques. Il faudra veiller à ce que les ressources propres de la télévision publique soient placées à un niveau suffisant pour leur permettre de répondre à ces missions. Nous instaurerons une taxation des recettes publicitaires des chaînes privées en faveur de l'audiovisuel public.
- Nous réformerons le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel pour renforcer son indépendance et son pouvoir de régulation des médias et des nouveaux supports. Les membres de cette instance seront désignés par la représentation nationale à une majorité des 2/3.
- Nous proposerons une loi pour limiter les concentrations horizontales et verticales dans le domaine de la presse, des médias et des industries culturelles, une refonte des aides publiques à la presse, la mise en place d'une chaîne publique d'information, le développement du soutien aux télévisions citoyennes de proximité, et la création de plateformes numériques publiques pour une offre en ligne attractive et de qualité. Nous créerons une société nationale des journalistes qui veillera au respect de l'indépendance des journalistes.
- Nous soutiendrons la production indépendante dans l'audiovisuel, le cinéma, la musique.
Source : projet du parti socialiste
Les propositions.
A. Une nouvelle donne partenariale, celle des territoires.
Pour refonder et clarifier les relations Etat/Collectivités territoriales, il faut organiser la nouvelle coopération des politiques publiques. Ce changement de logique et de projet s'inscrit dans une perspective de complémentarité des fonctions entre les partenaires et d'allocation adéquate des moyens financiers, tandis que la place et les capacités d'initiative des collectivités territoriales doivent être pleinement reconnues.
Proposition n° 1
- Créer par la loi d'une Conférence Nationale du Spectacle Vivant, et de Conférences Régionales du Spectacle Vivant, associant Etat, Collectivités territoriales (régions, départements , communes), et représentants des professionnels, ayant pour objet la concertation obligatoire des partenaires sur les politiques et les actions territoriales.
- Réaffirmer le rôle de l'Etat comme de garant de valeurs et de principes fondamentaux.
- Partager la fonction d'évaluation entre Etat, Collectivités Territoriales et Professionnels (l'Etat gardant son rôle d'expertise).
B. Un soutien renforcé à la création et à l'innovation artistiques
Le soutien à la création et à l'innovation doit se faire dans le souci de conjuguer systématiquement le binôme artistes-oeuvres / relation aux publics (aux populations), et de stimuler la diversité des formes d'expressions artistiques et des pratiques culturelles.
Proposition n° 2
- Renforcer l'action des institutions en faveur de la création et la place des artistes en leur sein, pour garantir l'engagement de l'Etat à leur égard, et pour construire un réseau national plus solidaire, faire un état préalable des lieux, puis établir un texte d'orientation commun à toute structure régulièrement aidée par l'Etat témoignant de son appartenance à une logique nationale, et procéder à un déploiement systématique de conventions-cadre selon les catégories d'institutions.
- Relever les moyens des institutions en les conditionnant à la définition de la part des budgets réservée aux activités et de la nature de celles-ci.
- Généraliser une procédure transparente et concertée pour la nomination des directeurs d'institutions: projet d'établissement- appel à candidatures- préselection sous la responsabilité de l'Etat- projet artistique présenté par les candidats- jury- décision par l'autorité juridiquement responsable ; procédure identique pour l'évaluation et le renouvellement des mandats.
Proposition n° 3
- Renforcer le soutien au secteur indépendant dans toutes les disciplines (théâtre, danse, musique classique, musiques actuelles, arts de la rue et du cirque...): priorité budgétaire, soutien particulier aux expressions insuffisamment prises en compte jusqu'ici, aides à la mutualisation et au regroupement de moyens, soutien aux réseaux territoriaux de professionnels...
- Regrouper les aides déconcentrées de l'Etat et des Régions et fusionner progressivement leurs comités d'experts.
Proposition n° 4
- Renforcer la place des auteurs, (notamment par la mise en place d'un système de bonus en faveur des créations contemporaines).
Proposition n° 5
- Créer au niveau déconcentré (DRAC), et en concertation avec les Régions, un fonds d'initiative culturelle et artistique (FICA) ayant pour objet le soutien à l'innovation, au décloisonnement des arts, aux projets d'action culturelle, aux nouvelles pratiques, aux expressions nouvelles.
Proposition n° 6
- Mettre en place une mission d'étude et de proposition sur la collaboration des secteurs public et privé du théâtre, (selon une logique gagnant/gagnant).
Proposition n° 7
- Mettre en place une mission d'étude et de proposition, en lien avec toutes les parties concernées, sur l'hypothèse de création d'un centre national de la musique, avec pour objectif le développement des capacités d'initiative des producteurs de disque et de spectacle vivant.
C. le combat contre les inégalités et pour la démocratie culturelle
"La culture a une capacité de transformation sociale". Le sujet est central, le discours est souvent incantatoire, il faut renouveler l'approche en s'attaquant vraiment aux racines des inégalités culturelles. Une multiplicité d'outils et d'actions doit être engagée, à la mesure de la diversité des causes et des situations, de la complexité de la société, et des mutations en cours, en s'appuyant à la fois sur l'Etat et les collectivités territoriales.
Les propositions qui suivent s'attachent à réduire les inégalités qui sont de trois ordres: sociales, géographiques et économiques:
Proposition n° 8
- Etablir un plan national de diffusion du spectacle vivant (achèvement de la couverture du territoire en équipements culturels, recherche de nouveaux lieux de diffusion, aide à la reprise, tournées territoriales, rayonnement audiovisuel et sur de nouveaux supports tels que DVD et vidéo à la demande...)
Proposition n° 9
- Prendre en compte le désir d'expression des populations, dans une perspective de soutien à la diversité culturelle (cultures urbaines, identités culturelles régionales..).
Proposition n° 10
- Mettre en place un plan pluriannuel d'action dans des zones culturelles prioritaires, notamment dans les « quartiers sensibles » et les zones rurales.
Proposition n° 11
- Dans le cadre d'une réflexion d'ensemble sur le prix des biens et services culturels, et dans le souci de lutte contre les inégalités d'ordre économique, examiner la politique tarifaire des institutions culturelles.
Proposition n° 12
- Promouvoir la dimension culturelle des autres politiques publiques (nouvelle politique interministérielle)
- Rattacher l'administration en charge de la jeunesse et de la vie associative au ministère de la culture
Proposition n° 13
- Reconnaître et développer les pratiques amateurs.
D. L'éducation artistique et culturelle
La relance de l'éducation artistique et culturelle est un impératif absolu qui s'inscrit dans un projet politique global : construire une société de la tolérance, du civisme, de la liberté de pensée. Le rôle de l'art est essentiel pour "lire le monde".
Cette politique doit décloisonner et conjuguer toutes les démarches en direction de l'enfance et de la jeunesse en associant plusieurs dimensions : la généralisation de l'école du spectateur et de la sensibilisation à l'oeuvre artistique, la généralisation de l'éducation artistique à l'école, le soutien à l'apprentissage et à la pratique des arts, dans le cadre de l'école et hors temps scolaire.
Proposition n°14
- Généraliser l'école du spectateur en direction de l'enfance et de la jeunesse, et décloisonnement des politiques de création et de diffusion du secteur Jeune public.
- Généraliser l'éducation artistique et culturelle à l'école, de la maternelle à l'Université. Mise en place d'une demi-journée hebdomadaire d'éducation artistique.
E. La politique de l'emploi culturel
Il faut promouvoir une politique de l'emploi culturel prenant en compte l'ensemble des éléments qui la constituent (formation initiale et continue, chômage, insertion, reconversion, retraite), et consolider le régime d'indemnisation du chômage des intermittents au sein du régime général.
Proposition n° 15
- Mettre en place des aides à l'emploi et à des procédures de mutualisation d'emploi (emplois permanents, permanence artistique).
- Demander aux partenaires sociaux une renégociation du régime d'indemnisation du chômage des intermittents du spectacle et de l'audiovisuel, et recourir à la loi en cas d'échec.
- Traiter au sein du CNPS (conseil national des professions du spectacle) les questions d'employabilité, de formation initiale et continue, de diplôme et validation des acquis de l'expérience, de reconversion, de périmètre des conventions collectives.
- Mettre en place une base de données économiques et sociales.
F. L'action européenne et internationale
La panne actuelle de la construction européenne peut être l'occasion de la refonte de son projet : l'Europe, autant - et peut-être même avant - qu'un marché intérieur régi par les règles de la concurrence et un espace économique et financier, est un enjeu de civilisation. Il faut faire retour sur ce qui constitue le fondement de l'aventure commune aux pays et peuples européens, à savoir un espace de valeurs, de démocratie, de dialogue.
Proposition n°16
- Relancer l'action européenne et internationale: lutte pour l'augmentation du budget de l'Union européenne consacré à la culture
- Créer un fonds de mobilité européen
- Réformer le réseau culturel extérieur de la France
- Créer un « fonds sud spectacle vivant »
G. Les moyens financiers
La relance budgétaire doit répondre à l'urgence de la situation, et s'inscrire en cohérence avec la priorité conférée au relèvement des moyens de l'ensemble du budget de la culture et de la communication.
Proposition n°17
- Conformément aux termes du « projet socialiste », établir une loi de programme sur le spectacle vivant pour la durée de la prochaine législature, dans le cadre global de l'augmentation du budget de la culture. La relance de l'intervention budgétaire de la puissance publique doit être combinée avec la recherche ou le développement de nouveaux mécanismes de financement indépendants et complémentaires.
Source : programme culture du parti socialiste

Nicolas Sarkozy
Gratuité des musées Il faut répondre aux attentes de nos compatriotes par des chèques culture, des passeports culturels offrant un panel de spectacles et d'activités, des exonérations ciblées capables d'attirer les publics éloignés des pratiques culturelles comme, par exemple, la gratuité dans les musées.
Source(s) : Discours devant les acteurs de la Culture (04/04/07)
Culture
Je veux que la culture soit faite pour le peuple. Je stimulerai la création et je rendrai la culture accessible au plus grand nombre parce que c'est une source de liberté, d'épanouissement et de paix sociale. Si je suis élu, j'assignerai pour les 5 ans à venir, cinq priorités à la politique culturelle.
- La première priorité, ce sera de défendre la diversité culturelle non seulement en soutenant et en encourageant la francophonie et la création française mais aussi en agissant au sein de l'Union européenne pour que les activités culturelles se voient reconnaître un statut dérogatoire par rapport aux droits de la concurrence. Je demanderai à nos partenaires que la spécificité des activités culturelles soit consacrée dans les traités de sorte que les aides publiques à la culture ne puissent plus faire l'objet d'aucune contestation.
- La deuxième priorité, ce sera la valorisation du patrimoine. Je veux que le patrimoine soit entretenu. Je veux qu'il soit accessible à tous, ouvert à tous, et non refermé sur lui-même. Je veux qu'il soit remis au cœur de la vie sociale, que des liens soient tissés entre les sites, les monuments, et les établissements scolaires. Je veux que les citoyens se réapproprient le patrimoine et qu'à travers lui ils retrouvent leur identité et leur héritage commun et qu'il puisse les faire vivre.
- La troisième priorité, ce sera l'enseignement artistique. Car c'est avec les enfants que tout se joue. Si on ne leur donne pas le goût de la lecture, si on ne les rend pas curieux de ce qui est beau, si on ne les met pas en contact avec les grandes œuvres de la sensibilité et de l'esprit humain, si on ne leur transmet pas une culture commune, alors non seulement on les privera d'un trésor inestimable, mais on préparera le retour d'une forme de barbarie à travers la disparition d'une certaine idée de la grandeur de l'homme et de son universalité. Mais qu'on me comprenne bien : je crois, comme Malraux, qu'il ne suffit pas d'expliquer les œuvres d'art et d'apprendre leur histoire. Il faut aussi apprendre à les aimer. Ce qui signifie que la transmission de la culture et l'apprentissage du beau n'est pas seulement l'affaire des pédagogues, mais aussi celle des artistes et que l'école doit s'ouvrir à eux comme les grandes institutions culturelles doivent s'ouvrir sur l'école.
- La quatrième priorité, ce sera de faire entrer la culture et l'art dans les quartiers. Ce que Jean Vilar voulait faire avec le TNP et ce que Malraux voulait faire avec les maisons de la culture, je voudrais que nous le fassions dans les banlieues. Je voudrais que dans les quartiers comme dans les collèges, les lycées comme dans les universités, il y ait des lieux de rencontre avec les artistes, de pratique artistique, de création. Je voudrais que toutes les institutions culturelles soient impliquées dans cette démarche. Je souhaite que cette démarche soit soutenue et encouragée par l'Etat, et contractualisées avec les villes, les départements et les régions.
- La cinquième priorité, ce sera de faire se rencontrer le monde de la culture et de l'art avec celui des technologies de l'information. Ce sera de faire du monde virtuel qui émerge avec la révolution numérique un nouveau champ de création et de diffusion des œuvres. Je souhaite que la politique culturelle investisse la société de l'information et qu'elle la tire vers le haut, qu'elle lui donne une âme, un contenu, fidèle à un idéal de civilisation que nous avons hérité des Lumières.
Je souhaite qu'elle fasse émerger un nouveau modèle économique, viable, qui respecte le droit des auteurs, des créateurs, des artistes, et qui en même temps réponde à l'exigence de permettre que les œuvres soient accessibles à tous, qu'elles soient le plus largement diffusées. Encore cette accessibilité n'a-t-elle de sens que si le besoin d'art et de culture est dans les esprits, que si le goût de ce qui est beau et ce qui est grand a été transmis.
Source(s) : Mon Projet - Discours devant les acteurs de la Culture (04/04/07)
Assumer notre responsabilité en matière de diversité culturelle. Internet permet une grande liberté dans la circulation des idées et de l'information, mais elle favorise l'hégémonie culturelle des Etats-Unis à l'échelle mondiale. Nous sommes pour la diversité culturelle et nous devons être décidés à défendre la culture française et européenne ainsi que la francophonie. L'Europe doit rattraper son retard en matière technologique afin que sa dépendance technique ne soit pas le support de sa dépendance culturelle. Cela suppose d'investir dans la recherche et l'innovation, de promouvoir des normes favorables au développement de nos technologies et de nos industries culturelles et de soutenir nos entreprises innovantes dans le domaine d'Internet de manière beaucoup plus rapide et réactive qu'aujourd'hui. Nous mettrons en ligne gratuitement, avec des moyens à la hauteur des enjeux, le patrimoine culturel français tombé dans le domaine public ou financé par fonds publics, ainsi que nos archives.
La francophonie est parfois mieux défendue par d'autres pays francophones que par la France elle-même. Tout en renforçant les moyens d'enseignement du français à l'étranger, nous estimons qu'il faut élargir la carte de nos implantations culturelles à l'étranger, qui n'a pas bougé depuis 80 ans. A l'image de la Villa Médicis en Italie et de la Casa Velásquez en Espagne, des têtes de pont permettant de valoriser la création française contemporaine et de réunir sur un même site des artistes français et étrangers doivent être créées en Amérique et en Asie. Nous proposons également la création d'une école de paléontologie et d'archéologie en Afrique noire, berceau de l'humanité, et le regroupement de notre action culturelle à l'étranger en un seul organisme, permettant de mieux valoriser le travail actuel de nos postes à l'étranger et des Alliances françaises. Protéger et gagner dans la mondialisation, c'est permettre à chaque Français d'être bilingue, à tous ceux qui le peuvent trilingues. Ce n'est pas incompatible avec la défense du français et la diversité culturelle, au contraire, et cela renforce notre capacité d'influence dans le monde. Enfin, nous devons lever tous les obstacles fiscaux et juridiques qui existent encore à la création de fondations culturelles, humanitaires, ou encore artistiques. A l'image des fondations anglo-saxonnes, mais aussi scandinaves ou allemandes, ces fondations peuvent jouer un rôle très important pour soutenir la création contemporaine française, la diffuser à l'étranger, défendre la langue et la culture francophones, tout en soulageant la dépense publique. Pourquoi la France devrait-elle être le seul pays au monde à se priver de tels avantages ? L'éducation culturelle et artistique, levier de la démocratisation culturelle. Si l'objectif de démocratisation culturelle a échoué, c'est que nos politiques culturelles n'ont pas su ou pu s'appuyer sur l'école pour donner aux enfants les clés essentiels leur permettant et leur donnant envie d'accéder au patrimoine et à la création contemporaine. C'est d'autant plus regrettable que la culture est facteur de sens et de cohésion. Nous valoriserons l'éducation artistique et culturelle à l'école, sur des bases exigeantes (renforcement des coefficients, apprentissage des techniques…). Nous pensons également que la vocation culturelle de l'apprentissage des matières fondamentales, comme les lettres, l'histoire, la philosophie, les sciences, doit être réaffirmée et justifie, plus que jamais, leur renforcement. Mieux formés, plus initiés, nos élèves auront alors du plaisir, dès maintenant et à l'âge adulte, à se rendre dans les musées et à aller au spectacle. Nous rendrons pour tous, jeunes et adultes, l'accès gratuit aux musées nationaux, qui sont le patrimoine de la Nation, donc le patrimoine de tous.
Avec les communes et les enseignants volontaires, nous expérimenterons une nouvelle organisation scolaire consistant à recentrer l'école sur la transmission des savoirs fondamentaux, ce serait « l'école du savoir », et à confier les activités d'éveil, le sport, la culture, l'apprentissage de la vie civique dans toutes ses dimensions (citoyenneté, écologie, sécurité routière, secourisme, alimentation…), la découverte des métiers et le soutien scolaire aux municipalités, ce serait « l'école de la vie ». Les infrastructures nécessaires sont en pratique déjà gérées par les communes. Des bénévoles, des étudiants, des jeunes retraités, des responsables associatifs, des professionnels pourraient participer à l'encadrement des enfants.
Source : programme ump
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