Musique - The Beatles : « Love »
Par Jean-Philippe, lundi 18 décembre 2006 à 20:11 :: Musique :: #67 :: rss
Un nouvel album des Beatles ? Comment ça, un nouvel album des Beatles, alors que George Harrison et John Lennon (depuis 26 ans !) nous ont définitivement quitté ? En fait, il ne s’agit pas ici de nouvelles chansons, pas même d’inédits que l’on aurait retrouvés sur un bout de bande magnétique, mais bien de nouveaux arrangements dus à George Martin, « le cinquième Beatle » et à son fils Giles.

Tout est parti d’un spectacle du Cirque du soleil, dont George Harrison était assez proche. Afin de concrétiser le rêve de ce dernier, il fut décidé que ce spectacle serait le « Beatles Show absolu » et l’on dépensa pas moins de 150 millions de dollars pour y parvenir. Mais là où les organisateurs ont « bien joué », c’est qu’ils ont confié l’adaptation musicale à Martin père et fils, et le disque qui sort actuellement est l’aboutissement de leur travail.
Répétition du Cirque du soleil pour "The Beatles - Love"
George Martin, né en 1926, n’est pas n’importe qui : il fut non seulement le producteur des Beatles, mais également leur conseiller artistique, celui qui les poussa à sortir du son « guitare-batterie » : les cordes de Yesterday, d’Eleanor Rigby, les cuivres, l’équilibre et les enchaînements de Sergent Pepper, c’est lui. Maîtrisant l’orchestre symphonique, « le cinquième Beatle » composa d’ailleurs de superbes pages orchestrales dans la lignée de compositeurs anglais tels que Vaughan Williams (écoutez sa « March of the Meanies » sur l’album Yellow Submarine).
Dans ce nouveau disque baptisé « Love » on trouve un condensé de toute la carrière des Beatles, de I want to hold your hand à Something. Les grands tubes, sauf Let it be, sont quasiment tous là, parfois en entier, parfois en partie, parfois même sous la forme d’une courte citation. George Martin adorant les enchaînements, ceux-ci sont particulièrement travaillés et constituent l’aspect créatif le plus important de l’album. Deux, trois, quatre chansons y sont parfois superposées de manière fort audacieuse, sans que cela nuise à la lisibilité de l’ensemble. Les plus conservateurs seront peut être choqués d’entendre l’accord initial de Hard Day’s Night déboucher sur Get Back, ou bien Yesterday débutant par les accords de Blackbird. Personnellement, j’y vois un intéressant travail de recréation, tant ces musiques ne sauraient êtres irrémédiablement figées.
Ceux qui connaissent les bandes révélées par George Martin lors de l’édition « Anthology », ne seront pas surpris du Because a cappella ou de la version acoustique de While my guitar gently weeps. Partant de ce même enregistrement de George Harrison, « l’autre George » s’est livré à un magnifique travail d’orchestration où perce le raffinement de son éducation toute classique. Pour moi, While my guitar est la plus belle plage de l’album, même si l’on peut regretter l’absence de vrais violons, piètrement remplacés ici par des violons synthétiques.
Enfin, l’impression qui domine tout au long du disque, c’est la modernité — on pourrait même dire l’intemporalité — de ces chansons. Une musique qui n’a pas pris une ride !






1. Le jeudi 28 décembre 2006 à 08:40, par Sigmoud
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